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  • sarah
  • mère comblée de 5 enfants, passionnée par le maternage et le naturel.
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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 11:40

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Nous sommes le vendredi 25 mars, je me lève avec un petit moral, j'ai des contractions depuis plusieurs jours, chaque nuit j'y crois mais je me lève le matin et tu es toujours au chaud dans mon ventre ... Ça devient dur pour moi, je dors mal, je suis fatiguée, mon corps souffre de partout, j'en ai marre de cette grossesse, j'ai envie de te voir, envie de te serrer contre moi et surtout, surtout, j'ai très envie de te sentir, de respirer ton odeur de nouveau-né ...

Nous sommes à 4 jours de mon terme, je n'en reviens pas ! J’étais tellement sure d'accoucher en avance ! Je te porte très bas depuis plus d'un mois, j'ai beaucoup de contractions, un col très favorable, et pourtant tu préfères rester encore un peu dans mon ventre, tu as l'air de t'y plaire !

Ce vendredi donc, je me lève, déçue une fois de plus parce que j'ai eu des bonnes contractions presque régulières pendant une partie de la nuit, mais le travail ne s'est pas mis en route. Je commence à me demander si tu vas avoir envie de sortir toute seule ou bien si je vais devoir me faire déclencher à l'hôpital, ce que je ne veux surtout pas ... j'essaie de chasser vite cette idée de ma tête !

La matinée passe tranquillement. Je demande à ton papa de rester avec moi à la maison car il avait prévu d'aller bricoler dans le jardin; il me dit qu'il va juste finir un truc et ensuite il passe la journée avec moi. De mon côté, je ne fais pas grand-chose, je donne la douche à ta grande sœur, je prends la mienne, je passe un petit coup d'aspi et je m'installe sur le canapé pour jouer aux lapins crétins sur la Wii. Je me dis que ça me passera le temps et que ça me changera les idées !

Ton papa rentre à la maison et prend ma place sur la Wii, moi ça me gonfle vite ces jeux !! Je le regarde jouer un moment, je me détends comme je peux. De temps en temps, j'ai une contraction, mais pas très douloureuse, je sens juste quand elle arrive et quand elle repart ... Puis ton papa me propose d'aller manger à KFC, à Poitiers. C'est un peu loin de la maison, mais après tout pourquoi pas, je ne risque pas d'accoucher dans la voiture avec ces misérables petites contractions ! Nous nous préparons et nous voilà parti avec ta grande sœur pour pas loin de 150 km aller-retour juste pour tester un nouveau sandwich qui nous fait baver chaque fois qu'on en voit la pub à la tv !!hihi Sur la route, j'ai une pensée pour Amandine, une maman qui a accouché avec la même sage-femme que moi quelques jours plus tôt, et qui habite pas loin de Poitiers. Je me dis qu'elle a de la chance de serrer son bébé dans ses bras et que peut être, nos bébés n'auront que quelques jours d'écart ...

Nous mangeons donc tranquillement, je ne suis pas très en forme, j’ai parfois des contractions ; mais je suis contente d'être sortie de la maison, de changer un peu d'air, ce qui m'a permis pendant quelques heures de ne plus penser à cet accouchement qui ne veut pas arriver. Dans la voiture, au retour j'ai beaucoup réfléchit, et puis j'ai parlé avec ton papa. J'ai décidé que j'allais lâcher prise par rapport à mon accouchement. Quoi qu'il arrive, tu vas naître, ce sera chez nous ou ailleurs mais dans 4 jours maximum, je sais que tu seras enfin dans mes bras, c'est tout ce qui compte. Ça ne sert à rien de me mettre la pression, je me fatigue pour rien et je sens que je bloque les choses ... J'en parle d'ailleurs longuement ce jour-là avec Murielle sur msn, je pense que cette discussion m'a fait du bien. Elle me conseille d'appeler ma sage-femme pour en parler avec elle, mais je n'arrive pas à me décider, parce que j'ai peur de la déranger et qu'elle me dise que je me prends la tête pour rien car je ne suis pas encore à terme. Je me ravise donc et, en rentrant à la maison après que ton papa m’ai massé le bas du dos et le bas du ventre avec une préparation d’huile « magique » qui déclenche l’accouchement ; je vais m'allonger un peu pour essayer de récupérer de ma nuit trop courte ! Je fais une petite sieste qui me fait du bien.

Vers 16h, je vais chercher ta grande sœur E au bus en voiture. En me voyant, elle a l'air encore déçue que tu ne sois pas née ! Je lui dis que non mais que pourtant ça commence à travailler dans mon bidon et que ça ne va peut-être pas tarder ... Nous rentrons à la maison et ton papa va chercher tes 2 frères à l'école. Quand ils arrivent, nous restons tous dehors pour gouter et profiter du beau temps. Je vais faire une petite promenade avec M, nous allons voir les vaches et les poules dans la ferme pas très loin de la maison. Je me dis que marcher ne pourra qu'aider le travail à se déclencher et te faire descendre. J’ai toujours quelques contractions de temps en temps mais qui sont très supportable. A m’offre un joli bouquet de fleurs qu’il a été ramassé, il est trop mignon !

En fin d’après-midi, nous rentrons, et je décide de cuisiner une tourte aux pommes de terre (une bisteu), une recette que ma copine Estelle m’a donné et qui me fait très envie ce soir... Ton papa m’aide à la préparer car je peine à rester longtemps debout. Je mets la tourte au four et ton papa va chercher T à son entrainement de rugby. Quand ils rentrent nous passons tous à table et je me régale de la tourte malgré les contractions qui se font de plus en plus présentes.

Après le repas je m’aperçois que j’ai des pertes rosées puis mêlées de sang, je décide donc de préparer le lit au cas où le travail commencerait pendant la nuit, pour éviter de faire trop de bruit. C’est T qui m’aide à installer la bâche sur le lit puis un vieux drap housse. Je sors aussi les alèses et tes premiers vêtements, je me dis que de les voir m’aidera pendant l’accouchement. Les contractions commencent à me faire souffler mais restent tout à fait supportables. Je décide de ne pas me focaliser dessus et de ne pas calculer le temps entre chaque : j’ai été trop déçu les autres soirs quand je le faisais !

Ton papa et tes frères regardent un match de foot à la télé, moi je vais m’allonger dans le lit avec mon PC, les contractions sont bien là, elles sont un peu plus douloureuses, j’ai l’impression que ta naissance est pour très bientôt mais je n’ose toujours pas y croire ! La soirée passe, j’ai du mal à rester dans le lit, je n’y suis pas bien. Je me relève plusieurs fois, je vais voir ton papa, je lui dis que j’ai mal, que je pense que le travail est en route, je vais prendre une douche bien chaude pour voir si ça me soulage et en sortant je fais un peu de ballon, mais les contractions assise dessus sont trop désagréables … Tout le monde est couché, il reste juste ton papa et moi dans le salon, je n’arrive pas à aller me coucher, je sens que mon corps travail. Je décide tout de même d’aller m’allonger un peu, je te parle, je te rassure, je te dis que tu peux venir, que je suis prête, qu’on va faire le chemin ensemble et que je serais là, avec toi tout le long, et que j’ai hâte de te rencontrer et de te serrer contre moi… Puis je me relève, je retourne dans le salon avec ton papa, qui regarde toujours la télé. La nuit a commencé... Je tourne en rond, je prends les contractions debout, appuyée sur la table ou sur le canapé car elles me font mal dans le dos (tu as décidé de te mettre le dos à droite, j’aurais des contractions dans les reins jusqu’à la fin …) et c’est la seule position qui me soulage un peu. Je ne calcule pas le temps entre deux contractions, je ne le ferais pas pendant tout l’accouchement, je n’ai pas envie de me focaliser la dessus, je laisse faire les choses à leur rythme, je trouve ça plus facile. Vers minuit, je dis à mon chéri que j’ai envie d’appeler notre sage-femme, mais j’ai peur de la déranger pour rien, que ce soit encore un faux travail qui fini par s’arrêter comme les autres jours. Pourtant, je sais que la douleur n’est pas la même, je sais au fond de moi que c’est bien parti, mais ça ne me semble pas régulier et pas encore très douloureux, du coup j’ai peur de la réveiller trop tôt … Je me décide quand même vers minuit et quart, parce que lors de mon dernier accouchement, j’ai trop tardé, le travail a été vite et du coup ma sage-femme est arrivée un peu après l’accouchement. Cette fois je sais que j’ai trop besoin d’elle pour qu’elle arrive trop tard, je ne veux pas prendre le risque, j’appréhende beaucoup la douleur et je sais qu’elle saura m’aider, me réconforter, m’encourager à la supporter. Au téléphone, je trouve la voix de Dorota bien réveillée, ça me rassure je me dis que peut être que je ne l’ai pas réveillé !! (En fait si !!), elle me demande de lui raconter ce qui se passe. Je lui explique que j’ai des contractions depuis l’après-midi qui se sont intensifiées et qui commencent à revenir plus souvent et à me faire un peu mal, mais je ne sais pas si c’est un faux travail ou un pré travail. Elle me dit qu’elle va se préparer et venir. Bon cette fois je crois que c’est parti pour de bon !

Je retourne dans mon lit pour me reposer, je me mets sur le côté avec mon coussin d’allaitement entre les jambes. C’est cette position que j’avais adopté pour la naissance de M, j’espère qu’elle me conviendra cette fois encore. Le souci c’est que dans cette position les contractions s’arrêtent ! J’en ai quand même une de temps en temps mais elles se sont largement espacées, arfff. Dorota arrive environ 1 heure après mon appel, elle vient dans la chambre après avoir descendu son matériel de sa voiture, et me demande comment je vais, je suis gênée de lui dire que je n’ai presque plus de contractions … Elle écoute le cœur de ma puce et me dit qu’elle va très bien puis elle m’examine .J’ai peur du verdict !!Je suis à 4 cm de dilatation, ta tête est très basse, je perds le bouchon muqueux, cette fois c’est

Sûr, nous allons bientôt nous rencontrer ma puce !

Nous discutons un moment tous les 3 dans la chambre, je suis toujours allongée sur le côté et je n’ai toujours plus ou quasi plus de contractions… Je suis embêtée ! Je décide de me lever, je sais que les contractions vont revenir, je ne suis pas très motivée, je sais que je vais avoir mal !!! Effectivement, debout, les contractions reviennent rapidement ! Je m’appuie le dos sur le mur quand une nouvelle arrive. Elles sont encore bien espacées mais me font quand même mal …Vers 2h je crois, ma sage-femme me propose d’aller dans le bain, si ça ne fait pas avancer le travail, au moins ça me détendra un moment. Je demande à ton papa d’aller remplir la baignoire d’eau bien chaude puis je vais vite m’y glisser.Ca fait un bien fou ! Après avoir essayé plusieurs positions (bon sang qu’elle est petite cette baignoire !!!) Je me sens bien allongée sur le ventre, en apesanteur. Les contractions sont toujours espacées mais elles me font souffler à chacune d’elles. Je propose à mon chéri et à Dorota d’aller se coucher, je suis bien dans mon bain et je préfère qu’ils aillent se reposer plutôt que de me regarder ! Je reste environ 2 heures dans le bain, je m’y sens vraiment bien, les contractions sont plus gérables je trouve dans l’eau, elles reviennent un peu plus souvent mais je crois qu’elles ne sont toujours pas régulières et j’ai peur de sortir et qu’elles deviennent beaucoup plus douloureuses ! Mais au bout de 2 heures l’eau est de nouveau froide, je suis fatiguée, mal installée, j’ai envie de faire pipi et surtout de dormir ! J’appelle plusieurs fois mon chéri, qui dort (humm qui ronfle même !!) dans la chambre à côté de la salle de bain, il fini par m’entendre et vient me rejoindre. Je lui dis que j’en ai marre, que je me sens un peu seule, que je suis fatiguée, que j’ai envie de sortir mais que j’ai peur d’avoir plus mal une fois hors de l’eau … Il m’aide à m’essuyer, à faire pipi et à aller dans notre chambre. Il est environ 4h du matin. Je lui demande d’aller réveiller notre sage-femme, je voudrais savoir si les contractions que j’ai eu ces dernières heures ont été efficace sur mon col et puis j’ai besoin qu’elle me rassure. Quand elle arrive, je suis de nouveau allongée sur le côté, avec mon coussin d’allaitement. Finalement je ne me sens pas trop mal, j’ai l’impression que les contractions se sont de nouveau presque arrêtées. Je le dis à Dorota et lui demande de regarder ou en est mon col mais de ne pas me le dire si ça n’a pas bougé parce que je serais trop dégoutée et déçue … Elle écoute d’abord le cœur de ma puce et me dit que tout va très bien pour elle et puis elle regarde mon col mais ne me dit rien et part dans la salle de bain ! Je regarde ton papa, dépitée et inquiète par ce qui m’attend et, quand ma sage-femme revient, je lui demande quand même ou j’en suis mais elle refuse de me le dire ! J’ai compris toute seule, ça n’a pas ou que très peu avancé, arff la peur commence à me submerger, j’ai peur de la douleur qui m’attend, j’avais oublié mais ça revient peu à peu, je ne dis rien mais l’angoisse est là … Je réussis quand même à faire dire à Dorota que je suis à peu près à 5 cm de dilatation, elle pense que je ne suis pas encore en travail mais en pré travail, ce qui, pour moi fait une grosse différence. Je pensais avoir un accouchement rapide, comme celui de ta grande sœur, mais visiblement ça sera beaucoup plus long. Elle me demande si ça me poserait vraiment un problème de n’accoucher que dans l’après-midi, là, au fond de moi je panique, j’ai très peur parce que je me demande comment je pourrais tenir aussi longtemps, comment je pourrais gérer la douleur tout ce temps sans craquer. Et puis je pense à mes grands qui sont à la maison, qui vont se réveiller et dont on va devoir s’occuper. J’avais tellement espérer accoucher de nuit pour ne pas avoir à gérer ce soucis avec les enfants … J’explique donc à Dorota tout cela et elle me rassure en me disant que tout se passera bien pour les enfants, qu’il ni a pas de problèmes. Comme j’aime son optimisme !!!

Dorota me propose qu’on aille tous les 3 dormir un peu, elle a raison, à quoi bon continuer à se regarder dans le blanc des yeux à cette heure-ci, puisque le travail est quasiment arrêté !! Elle retourne dans le salon se coucher sur le canapé et avec ton papa on se couche. Je ne sais pas quelle heure il est, peut être 4h30 ?? Ce que je sais c’est que j’arrive à somnoler jusqu’à 6H30. J’ai bien eu quelques contractions douloureuses pendant ce temps mais j’ai réussi à dormir quand même et ça m’a vraiment fait du bien ! Mais quand je me réveille, je suis prise d’une grosse crise d’angoisse .Je me sens pas bien du tout, je suis oppressée dans cette chambre, j’ai une grosse boule dans la gorge, j’ai peur, pourquoi je n’accouche pas ? Pourquoi le travail ne se met pas en route pour de bon ? Comment je fais pour accoucher avec tes 5 frères et sœurs à la maison ? J’ai peur de la douleur qui m’attend, peur de ne pas la supporter, que ce soit trop dur … Je veux peut être trop maitriser les choses, je n’arrive pas à lâcher prise et à laisser mon corps faire son travail, j’ai trop de peurs qui m’en empêche … Je dis à ton papa que ça ne va pas, mais je sens bien qu’il est encore tout endormit et qu’il ne m’écoute pas vraiment, alors je lui dis que je vais aller voir Dorota dans le salon pour parler un peu avec elle.

Nous parlons un petit moment avec Dorota, elle est super, à mon écoute, juste là pour moi, c’est tellement différent de l’accouchement à l’hôpital … J’apprécie vraiment ce moment, elle arrive à me rassurer et, l’air de rien, les contractions reviennent, régulières, douloureuses, toujours dans les reins, outchhh que ça fait mal ! Je m’appuie sur la table, sur le plan de travail de la cuisine, mais elles me broient le dos à chaque fois … J’arrive quand même à lui faire un café, elle me dit que ça m’occupera !!Hihi Mais ça y est, je suis occupée à gérer mes vraies contractions !!! Les choses sérieuses commencent enfin, cette fois j’en suis sure …

J’entends du bruit dans les chambres, il est encore tôt mais je sais qui est réveillé …T et M ! Ce sont des lèves tôt ces deux-là !! Je crois qu’E est réveillée aussi (à partir de là j’ai un peu des trous, je me souviens plus de tout ce que j’ai dit ou fait !), je lui envoie M et lui demande de la coucher un peu avec elle, histoire de gagner une petite heure de tranquillité ! Je continue à souffler bien fort pendant mes contractions, elles reviennent de plus en plus souvent je trouve … Au bout d’un moment je dis à ton papa que je voudrais que Dorota regarde ou j’en suis, on part donc tous les 3 dans la chambre, mais Dorota me dit qu’elle ne veut pas regarder mon col, que ça sert à rien. En fait, je crois qu’elle, elle sait, d’après mes contractions, ma façon de souffler, le temps entre chaque, ou j’en suis … Elle écoute ton cœur et me dit que tu t’en fou des contractions, que tu es bien, que tu vas bien !

Les contractions sont maintenant rapprochées, je dirais toutes les 2 ou 3 minutes, j’ai trouvé une position qui me convient, debout, appuyée sur la commode de notre chambre, la tête dans mon peignoir, entièrement nue parce que j’ai des bouffées de chaleur qui me donne très chaud ! (en plus du chauffage qu’on a mis à fond !!). Ces contractions me broient les reins, la douleur est foudroyante à chaque fois, mais je gère, je souffle et je fais des sons grave pour essayer de l’atténuer. Entre chaque, j’essaie de profiter, de ne pas penser à la suivante, de me détendre au maximum. Elles s’enchainent, ça devient dur, je demande à mon chéri de rester derrière moi et de me masser le bas du dos pendant chaque contraction, ses mains me soulagent au moins un petit peu mais arff qu’est-ce que j’ai mal !! Je vois Dorota qui prépare ses affaires, ça me fait du bien, je me dis que c’est peut-être bientôt fini… Puis à la fin de chaque contraction, je commence à avoir envie de pousser, Dorota me dit que ça doit être la poche des eaux qui appuie et, avec ton papa, ils mettent des alèses par terre au cas où elle se percerait. Moi je m’occupe de supporter mes contractions, c’est de plus en plus dur, j’ai mal au bassin, au dos, au ventre, je fatigue debout et je commence à avoir la tête qui tourne à force de souffler fort, puis j’ai toujours cette envie de pousser en fin de contraction, ça me soulage un peu d’ailleurs, de pousser ! Dorota me propose d’aller sur le lit, mais je n’ai pas envie , je suis bien debout et j’ai l’impression que je ne trouverais pas de position une fois sur le lit .Je continue donc debout à prendre quelques contractions, à bien souffler, mais je sens que je fatigue vraiment et ma tête tourne trop, je vais donc sur le lit, c’est plus prudent … Je me met à 4 pattes et je pose mon ventre et ma tête sur mon coussin d’allaitement que j’ai plié en deux pour me faire un oreiller et me reposer dessus entre les contractions. Je ne me sens pas super bien installée, mais j’ai l’impression qu’aucune autre position ne me conviendra, à cause de ces foutues contractions dans le dos. Mon chéri se met derrière moi pour pouvoir me masser le dos, il frotte fort, si fort que parfois il me fait mal !! Mais j’ai besoin de ses massages, ça diminue un peu la douleur. J’ai aussi un point dans le milieu du dos qui vient d’arriver, ça me fait très mal, je ne sais pas d’où vient cette douleur … Ma sage-femme me masse là où j’ai mal et avec ses doigts de fées, la douleur s’en va ! Elle me dit que je me suis surement coincé un nerf. Les contractions continuent, j’ai l’impression qu’il y a moins d’une minute entre chaque mais en vrai je n’en ai aucune idée, il n’y a pas de pendule dans notre chambre ! Ce que je sais c’est que j’ai à peine le temps de souffler entre chaque qu’une autre arrive ! La douleur me transpercent, ma sage-femme me donne ses mains et m’accompagnent dans des sons graves, ça m’encouragent, j’essaie de la suivre mais parfois j’ai envie de monter dans les aigües. J’ai si mal, je ne suis plus que douleur, j’ai l’impression que je n’y arriverais jamais, c’est trop dur, trop douloureux, parfois je perds pieds, je geints, j’ai envie de pleurer mais je n’y arrive pas, je souffre trop…Je crois que Dorota écoute de nouveau le cœur de ma puce et me fait un TV, elle me dit que mon col est presque complètement dilaté, qu’il reste juste un petit bout, ouff c’est bientôt la fin , je ne fais pas tout ça pour rien, finalement ça va assez vite ! A la fin de chaque contraction je pousse, de plus en plus fort, je sens mon bassin qui s’écarte, j’ai l’impression que mes os vont éclater, je sens ma puce qui descend. Mon chéri est toujours derrière moi à me masser le dos et, malheureusement, pendant ces poussées reflexe, je fais pipi et ++++, une horreur !! Ça reste un très mauvais souvenir pour moi, j’ai si honte … Je pleure, je suis gênée, je suis mal. Ton papa et Dorota me rassurent, me disent que ce n’est pas grave, que ce n’est rien, Dorota prend les choses en main et demande à ton papa de passer devant moi et elle vire les alèses et hop, on en parle plus ! Moi je souffre au plus profond de moi, j’ai si mal, tu descends, je mets mes doigts à l’entrée de mon vagin , je veux te sentir, je veux trouver la force de te faire sortir, je suis si fatiguée, j’ai si mal … Je sens ta tête, elle est juste là, c’est un peu mou, tout lisse, tout doux, tu es presque là mon bébé, tu arrives doucement, à ton rythme et au miens. C’est si dur, je pousse de toutes mes forces mais j’ai l’impression que tu mets du temps à descendre, pourtant ce n’est qu’une impression car à chaque poussée Dorota me dit qu’elle voit tes cheveux puis tes oreilles puis tes yeux … Ca me brûle tellement , je crois que tu es coincée, le temps me parait interminable, mais non, tu continues à descendre doucement, ta tête est sortie ,j’ai senti son passage, la poche des eaux a rompu mais je n’ai rien senti avant que ta tête soit dehors car elle faisait bouchon. J’ai toujours les yeux fermés, je ne vois rien, j’entends des mots autour de moi mais je suis ailleurs, je veux juste que ça se finisse, je ne veux plus de cette brûlure atroce entre mes jambes, je continue de pousser à chaque contraction, enfin c’est mon corps qui pousse tout seul, qui veut te faire sortir mon bébé, je me redresse à chaque poussée, je suis sur les genoux, je sens de nouveau cette brulure, je pleure, je sens ton corps qui sort doucement, je donne toute la force qu’il me reste pour qu’enfin cette souffrance s’arrêtent … Ca y est, tu es sortie, il est 9h50 !! J’entends Dorota qui me dit que tu es là, elle me dit de t’attraper, elle t’a posé sur le lit, entre mes jambes mais il me faut du temps pour que cette info m’arrive au cerveau !! Je suis encore sous le choc, les yeux toujours fermés … Je percute enfin, au bout de quelques secondes je pense, je me penche et te soulève pour te poser tout contre moi, je pleure, je répète « c’est mon bébé, c’est mon bébé » plusieurs fois, quel intense émotion à cet instant !!! Dorota pose la serviette de toilette (qu’on avait acheté exprès pour ta naissance) sur toi, pour vite te réchauffer, elle t’essuie un peu, moi j’essaie d‘immerger, je te regarde, mais je suis encore un peu ailleurs… Ensuite je me suis allongée sur le lit, je t’ai contemplée de longues minutes, Dorota a écouté ton cœur ou ta respiration, je ne sais pas trop, et j’ai demandé à ton papa d’aller chercher tes frères et sœurs, qui étaient en train de jouer à la Wii dans le séjour. Il m’a dit qu’il voulait d’abord nettoyer un peu le lit et me couvrir un peu aussi. Tu es toute petite, mais tu as des bonnes joues ! Dorota pense que tu pèses pas loin de 4 kilos, finalement tu fais un peu moins : 3,570kg (comme ton grand frère Timothé !). Nous sommes surprit par tous tes cheveux et par leur couleur noir aussi !! Tu es si belle ma petite Juliette, je suis tellement contente de te rencontrer enfin, j’ai tellement attendu ce moment …

Je crois qu’ensuite tes 2 grandes sœurs et ton frère A sont arrivés dans la chambre, mais je ne me souviens pas de leur réaction, puis tes 2 autres frères sont arrivés aussi. C’est un peu flou pour moi ce moment, je suis désolée mon bébé de ne pas me souvenir de chaque instant de ta naissance et surtout de ta rencontre avec tes 5 frères et sœurs … Je me souviens que Dorota a proposé qu’on fasse une photo tous ensemble dans le lit, ça reste un merveilleux souvenir. Nous sommes tous les 8 réunis, la famille toute entière, à peine quelques minutes après ta naissance. Nous avons vécu un moment rare, magique, magnifique, nous avons vraiment beaucoup de chance …

Dorota regarde si ton cordon bat encore, je le touche, je sens le sang qui y circule encore, je suis émue car je sais que dans quelques minutes ce cordon sera coupé par ton papa et nous serons séparées, coupées de ce lien qui nous a unis pendant ces 9 longs mois. Mais c’est ainsi, et nous allons commencer une autre aventure et vivre de merveilleuses choses toi et moi ma chérie …

Nous montrons le cordon aux enfants, puis Dorota le clampe quand enfin, il a cessé de battre ; pour que ton papa puisse le couper. Ta grande sœur immortalise ce moment par une jolie photo. Dorota demande à tes frères et sœurs de sortir de la chambre, le temps que j’expulse le placenta, ce qui sera très rapide, puis elle part avec eux (à leur demande bien sûr) dans la salle de bain ou elle leur montre et leur explique tout le fonctionnement de celui-ci. Ils sont un peu impressionnés je crois ! Nous avons choisi de conserver ton placenta, pour le moment nous l’avons congelé mais plus tard je voudrais le planter sous un joli petit arbre que nous aurons soigneusement choisi et planté dans notre jardin … C’est un geste symbolique pour moi, pour garder ici une trace de ta venue au monde, au sein de notre famille, dans la maison que nous avons choisi de faire construire il y a quelques mois à peine.

Je crois qu’après je t’ai mis au sein, et tu as su tout de suite téter comme une pro !!! Je l’ai déjà vécu c’est vrai, mais je suis toujours épatée qu’un si petit être, qui vient de naître sache déjà comment se nourrir du lait de sa maman, sans qu’on lui montre comme faire ! C’est si beau !!

Ensuite Dorota t’as examiné, puis s’est occupée de moi et je suis allée prendre une douche pendant que ton papa te faisait un gros câlin et faisait un brin de ménage dans notre chambre !

La suite ce n’est que du bonheur …………

Ta naissance a été très différente de ce que je m’étais imaginée, et aussi très différente de la naissance de ta grande sœur, née elle aussi à la maison. Mais je ne regrette rien, vraiment rien, même si je reste encore très marquée par la douleur, je suis heureuse et fière d’avoir tenu bon et de t’avoir fait naitre chez nous, dans la douceur, le respect et l’amour. Ta naissance a été très riche en émotions pour toute la famille, tes frères et sœurs en garde un merveilleux souvenir, qu’ils aiment raconter à leurs copains et copines ! Ton papa et moi avons vécu quelque chose de très fort, c’est une grande chance pour nous… Nous en avons encore peu parlé, je ne sais pas comment il a vécu mon accouchement, mais moi je suis vraiment très fière de lui, il est vraiment mon pilier, celui sur qui je peux compter en toute circonstance, il a été parfait une fois encore et m’a montré par ses gestes tout l’amour qu’il me porte. Si tu savais comme je l’aime ton papa … Et puis notre sage-femme, Dorota, elle a été super ! Douce, rassurante, présente (mais pas trop), professionnelle, le top du top des sages-femmes je crois !!!! Je la remercie pour sa patience et sa compréhension et surtout pour la chance qu’elle nous a donné de vivre une si belle aventure, celle de la naissance de nos deux dernières filles, dans la chaleur et la douceur de notre maison …

Je suis aujourd’hui une maman fatiguée certes, mais comblée par mes 6 enfants chéris et mon mari adoré ...

 

 

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