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  • sarah
  • mère comblée de 5 enfants, passionnée par le maternage et le naturel.
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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 18:40

Tout commence ce 1er janvier 2008, le jour où tu as été conçue. Nous parlions d’avoir un bébé depuis mai 2007, mais chaque mois, nous avons repoussé ce magnifique projet d’agrandir la famille. Nos projets étaient nombreux, et c’est seulement en décembre que la plupart ont fini de se concrétiser : notre déménagement dans le sud de la France, l’ouverture de notre boutique…
Noa étant déjà née à la maison, j’ai pris contact avec les sages-femmes pratiquant l’AAD avant la grossesse, pour déjà déterminer celle qui nous suivrait. Notre choix s’est porté sur Françoise après un premier contact téléphonique chaleureux et des récits de naissance que j’ai pu lire où elle avait accompagné les parents.  
Après le test positif, j’ai pris contact avec elle
quelques jours après pour fixer notre premier rendez-vous à 10 SA. Notre première rencontre correspondait tout à fait à ce que nous souhaitions. La grossesse s’est déroulée sans soucis, nausées et vomissements étaient au rdv au 1er trimestre comme à chacune de mes grossesses mais tout s’est réglé rapidement. Grande nouveauté pour moi, je travaille à l’extérieur, la boutique étant ouverte, il faut donc faire acte de présence. Cela me change et me booste physiquement. Je me sens vraiment bien et j’échappe même à ma sciatique habituelle du dernier trimestre.  
Le terme s’approche gentiment, et j’ai quelques appréhensions quand à la douleur de l’expulsion que m’a laissé le souvenir de l’accouchement de Noa. J’en parle souvent à mon mari pour un peu dédramatiser, mais ce n’est que le jour de l’accouchement que je me rends compte d’à quel point ce moment m’angoisse.
Je travaille jusqu’au bout de ma grossesse, mais nous décidons de fermer la boutique 5 jours avant le terme afin que je puisse vraiment me centrer sur l’accouchement. Le terme approche et je fais beaucoup de faux travail. Je sais que ça prépare le terrain pour le jour J, et je sais aussi que ce n’est pas assez fort pour être vraiment le travail. Je patiente donc à chaque fois que cela passe seul, je ne veux pas prendre de médicaments.
Le 2 octobre arrive, jour de mon terme officiel (le vrai terme étant le 30 septembre), je contacte donc Françoise pour savoir quel est le « protocole » à mettre en place. Je ne lui avais pas posé la question puisque j’étais sûre d’accoucher un peu avant. Un rdv est pris pour un monito de contrôle le samedi matin 4 octobre, mais elle me dit avant de raccrocher qu’il n’y en aura surement pas besoin.
Le 4 arrive, et toujours rien à part des contractions régulières mais qui ne s’amplifient pas, et s’arrêtent après quelques heures. Nous nous rendons donc au cabinet pour un monito qui nous montre un bébé en pleine forme et des contractions, mais toujours peu fortes.  
Moralement, je me sens bien enceinte et je veux profiter de mon bébé dans mon ventre, de ses mouvements… mais je sais que ma Sage-femme ne me suivra qu’à dpa+7 jours et l’échéance approche à grands pas. Je commence à avoir réellement peur que cela se termine en déclenchement en maternité, d’autant plus que la maternité où je suis inscrite n’est absolument pas respectueuse de la physiologie. Le rdv est pris pour 2 jours plus tard, pour un nouveau monito. Je lui demande quand même de vérifier où en est mon col, histoire de me rassurer sur le fait que les contractions que j’ai agissent bien. Et effectivement, le col est bien ouvert, complètement effacé et la tête du bébé déjà très bien engagée. Je suis rassurée et surtout, cela me remonte le moral. Elle pense que la naissance est plus qu’imminente, voire même pour les heures suivantes.  
Il ne nous reste plus qu’à rentrer à la maison afin de préparer les dernières affaires et faire un brin de ménage. Mais avant, nous décidons de nous faire notre petit resto préféré.
De retour à la maison, je m’active pour tout préparer pendant que Flo va faire quelques courses. J’ai mal au dos mais absolument aucune contraction. Je vais donc me coucher le soir un peu déçue. Je passe une excellente nuit très reposante, c’est déjà ça de pris avant la naissance du bébé.
Le lendemain, nous décidons d’une journée cocooning. J’avais prévu d’emmener les filles au salon animalier d’Avignon mais je n’en ai pas le courage, et surtout j’ai peur que le travail se mette en route sur place. Il y a quasiment une heure de route pour y aller donc je préfère éviter.  
Vers 15h30, je commence à ressentir des contractions très fortes et douloureuses toutes les 4 minutes. Je me laisse un peu de temps pour voir comment ça évolue. Je m’isole dans la chambre d’Eden et m’assoit sur son lit. Mon mari me rejoint et là je craque littéralement. Voilà ce qui bloquait l’arrivée du bébé, je suis morte de peur. L’expulsion que j’ai eu pour Noa, très rapide mais extrêmement  douloureuse suite à une malformation du bassin me terrorise.  Je suis pourtant contente que mon bébé arrive, mais il y a un réel blocage dessus et je ne m’en aperçoit réellement que maintenant.
Les contractions continuent, mais ne s’intensifient toujours pas. Vers 19h, elles s’arrêtent de nouveau complètement. J’ai un gros coup de fatigue pile à ce moment là, je me pose donc sur le canapé devant la télé à ne rien faire.  
1h plus tard, les contractions reprennent, toujours douloureuses et régulières aux 4 minutes. Les enfants sont couchés, je suis contente, nous n’aurons pas besoin de les gérer si c’est le moment. On finit donc le repas et je décide d’aller marcher un peu dans le jardin. Flo m’accompagne. Les contractions font de plus en plus mal et debout je sens vraiment bébé appuyer. Au bout de 20 minutes, j’en ai marre de faire le tour du jardin, on décide donc d’aller faire un tour de pâté de maison. Les contractions sont toujours là, mais commencent à s’espacer. On décide de rentrer car une douleur au nerf sciatique commence à me titiller.  
Je me remet dans le canapé, je suis bien assise dans l’angle avec des coussins. Les contractions commencent de nouveau à s’espacer vers 22h30 pour s’arrêter complètement vers 23h. Là je suis vraiment déçue, j’y croyais vraiment au fait que ce soit pour aujourd’hui. J’ai envie de pleurer mais je me retiens, il n’y a pas mort d’homme, et mon bébé est en pleine forme. Je me couche donc, très fatiguée des ces contractions qui n’ont, une fois de plus, servis à rien.
A 1h23 (précis hein ? j’avais mon portable à côté de moi et ait eu le réflexe de regarder) je suis réveillée par une contraction. Elle est aussi forte que celles de l’après-midi mais sans plus. Vu que je suis réveillée, je me lève pour aller aux toilettes et me recouche ensuite. Je me rendors immédiatement. Mon sommeil est ponctué de 4 ou 5 contractions douloureuses, mais ça me réveille à peine. Je suis tellement sûre que ce n’est pas cela…
2h30, une nouvelle contraction, et là l’intensité et la douleur sont beaucoup plus fortes. Je me lève, et je sens du liquide couler. Mon mari allume la lumière (il a été réveillé brusquement vu le peu de délicatesse que j’ai eu pour me lever) et je vois que le liquide est rosé. Peut-être une fissure de la poche ? J’ai en tout cas une énorme envie de faire pipi. Je vais donc aux toilettes. La je m’aperçois que ma vessie est bien pleine, et que c’est surement cela qui a fuit. Mon mari se moque gentiment, mais le fait que ça ait été rosé me laisse bcp d’espoir. Les contractions s’enchainent toutes les 4 minutes. Je suis bien sur les toilettes et y reste donc peut-être 10-15 minutes. Les contractions sont vraiment fortes. Je décide de retourner dans la salle à manger que nous avons transformé depuis 15 jours en pièce d’accouchement. La piscine est gonflée, notre lit y est, les alèses sont prêtes… Je m’assois sur le lit, il est quand même très tard et je suis gênée d’appeler Françoise à cette heure, mais à ce moment là je n’ai plus de doutes sur le fait que c’est le bon moment. Chaque contraction devient de plus en plus douloureuse. On l’appelle donc. Elle a une heure de route pour venir, elle s’habille et vient immédiatement.
Moi, je décide de me mettre à 4 pattes sur le lit. Je n’avais pas osé tenter cette position pour Noa à cause d’une fracture du genou quand j’avais 15 ans et qui est encore sensible. C’est vrai que niveau contractions, c’était vraiment confortable. Je passe 4 contractions ainsi et je m’assois ensuite au bord du lit car mon genou me fait trop mal. A ce moment là, j’ai tellement mal pendant une contraction venue pendant mon changement de position que je me demande ce qui m’a pris de vouloir refaire tout ça. Pour moi, je ne suis qu’au début du travail, pour Noa ça avait duré 10h entre le début des contractions douloureuses et la naissance. Mais là c’est tellement fort…
Les contractions sont toujours toutes les 4 minutes, cela me permet de me reposer entre chaque. Je suis vraiment dans ma bulle, Florian me masse le bas du dos a chaque contraction, ça fait réellement du bien. Qq contractions plus tard, je lui demande d’arrêter, de très agréable et antalgique, le massage commence à me sembler insupportable. Une contraction arrive et je lui demande de se mettre devant moi pour m’agripper à lui. Cette contraction est d’une violence impressionnante et me semble durer une éternité. A la fin de celle-ci, je pleure de douleur et me dit que je n’y arriverait pas cette fois-ci. Je n’arrive pas du tout à relativiser, cet accouchement est tellement différent de celui de Noa que je n’arrive pas à avoir de repères. Florian me réconforte comme il peut. Je lui demande l’heure, Françoise ne devrait plus tarder. Une autre contraction arrive, j’essaye de l’accueillir comme il faut et ne surtout pas me crisper malgré l’appréhension de la douleur. Et là, au pic de la contraction, une énorme envie de pousser apparaît. Je pousse, ça me soulage énormément. Je me pose la question de savoir à quelle dilatation j’en suis, je ne voudrais pas pousser à un moment inopportun. Mais l’envie est bien plus forte et ça pousse tout seul. Je me rappelle de tous ces récits lus avec envie de cette sensation décrite lors de la poussée. Cet effacement de la douleur, le soulagement… je ressens enfin ces sensations.
Ca sonne au portail, il est exactement 3h41. Florian me demande si c’est bon. Je lui dis que oui, la contraction est finie. Il va donc chercher Françoise qui a pas mal de matériel avec elle sauf le tabouret d’accouchement qui est encore dans le coffre. Je suis soulagée de savoir qu’elle est là. Elle a apparemment demandé à Florian s’il savait où ça en était. Pour lui c’est sûr, bébé est sur le point d’arriver. Curieusement, les contractions ont fait une petite pause pendant que j’étais seule, et d’un coup, je sens qu’une contraction arrive. Et là, l’envie de pousser est bien présente dès le début. Assise au bord du lit, ce n’est pas la position idéale pour faire naitre le bébé. J’entends qu’ils parlent du tabouret dans la voiture.
Françoise attend que la contraction soit finie et court chercher le tabouret dans le coffre. Elle revient pile juste avant qu’une autre contraction arrive, j’ai même le temps de m’installer dessus. Je suis quasi à la même hauteur que sur le lit, du coup je suis bien dans cette position. On installe les alèses et une bassine dessous pour éviter que la poche ne se rompe par terre puisqu’elle est encore intacte. La contraction commence à monter, et je me mets à pousser. Apparemment la poche gêne. Françoise me dit qu’elle va mettre le doigt à la prochaine poussée pour qu’elle se perce car bébé remonte dès que j’arrête de pousser. Une fois la poche percée, je sens la tété appuyer bcp plus mais la contraction  étant finie, j’attends patiemment la suivante. Je m’excuse auprès de Françoise, parce que je fais de drôles de bruits pendant la poussée. Ca me fait penser à Xena la guerrière (allez savoir pourquoi, j’ai horreur de cette série qui passait à la Tv quand j’étais plus jeune), une sorte de râle, ou de grognement, mais ça m’aide beaucoup. Elle se met à rire et me dit « mais tu sais, on serait à ta place, on ferait surement pareil ».
C’est sur cette petite note d’humour que ma contraction arrive, la dernière avant la naissance du bébé, mais je ne le sais pas encore. Une petite poussée, et je sens la tête sortir jusqu’au front, une autre et la tête sort complètement. Encore une autre poussée, et c’est l’épaule que je sens passer, le reste du corps suit le mouvement très rapidement. Je suis encore sonnée, je m’attendais à souffrir atrocement comme pour Noa, et au lieu de cela, j’ai adoré cette sensation à l’expulsion. J’ai ressenti aussi cette fameuse brulure du périnée, mais ça ne m’a semblé que très peu douloureux au final car très bref. Je prends donc mon bébé contre moi en peau à peau. Je profite, je le regarde. Je ne sais toujours pas si c’est une fille ou un garçon, mais je ne suis pas pressée de le savoir, je préfère attendre encore un peu. Ce bébé est tout propre, il n’y a plus une trace de vernix. Il me semble minuscule contrairement à ce que l’on m’a annoncé depuis plusieurs mois. Je m’attendais à un bébé de 4,5 kg voire plus avec le dépassement de terme…
On reste ainsi jusqu’à ce que je ressente de nouveau des contractions. Je pousse alors pour faire sortir le placenta. Tout va bien, il est entier.
Mon mari va réveiller les grandes pour qu’elle puisse voir le coupage de cordon. C’est ce qui les a le plus marqué dans le film le « Premier Cri » et elles ont manifesté l’envie de le voir pour la naissance du bébé. Elles arrivent donc, Florian coupe le cordon. Elles sont un peu impressionnées de voir Françoise en pleine nuit à la maison et surtout pas très bien réveillées.
Elles regardent un peu le bébé et retournent se coucher, il est encore trop tôt pour se lever.
On me propose de m’installer au lit, je suis toujours sur le tabouret et ça commence à devenir inconfortable. Je donne donc le bébé à Florian qui, curieux regarde le sexe et m’annonce que c’est une petite Emy-Rose qui vient agrandir la famille. Je m’y attendais tellement que je ne suis pas du tout surprise. Je m’installe et on me remet le bébé en peau à peau. S’ensuivent plusieurs heures de calins et de tétées.
Après passage sur la balance, Emy-Rose pèse 3,920 kg et mesure 53 cm. Elle est née le 6 octobre 2008 à 3h53.

 

Murielle, maman de 5 enfants.

 

emy-rose.jpg

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commentaires

mamietinou 24/05/2010 16:35


Magnifique!!!!


sabrina 23/05/2010 21:01


sublime!!!!!