voiçi le récit de la naissance de ma fille née jeudi dernier à la maison...
Voilà mon bébé, la fin d’une aventure et le début d’une autre : fin de la grossesse, début de ta vie et entre les 2, ce moment si fort, si magique qu’a été ta naissance.
La date présumée de ta naissance était le 27 septembre ; mais à l’hôpital ils en ont décidés autrement et m’ont considérée comme à terme le 21 septembre. Donc il a fallut commencer les contrôle toutes les 48h pour voir si tu allais bien. Je me suis présentée seulement le 23 car je savais que tu allais bien et j’appréhendais qu’ils veuillent me déclencher pour X raisons. Je n’avais d’ailleurs pas tort car après l’écho, la gynéco m’a annoncé que je n’avais plus assez de liquide amniotique et qu’il fallait déclencher. Je suis arrivée à négocier un décollement des membranes car c’était un moindre mal par rapport à une perf d’ocytocine qui m’aurait obligée d’accoucher à l’hôpital.
Je subis donc le décollement, J’ai tout de même un col très favorable, puisque effacé et ouvert à 2. Je sors en pleurs de l’hôpital, pas tant à cause de la douleur mais plus par frustration car après t’avoir demandée de bien rester au chaud afin d’attendre le retour de Marie-Agnès, la sage femme qui te permettait de naître à la maison, il me fallait te presser pour éviter le déclenchement.
J’appelle Marie-Agnès qui me rassure et me console. Elle est confiante et se tient prête pour ta venue. Cela me soulage.
On rentre à la maison, j’ai mal au ventre mais un kebab me tente bien !! On se fait donc une soirée « malbouffe » en espérant que cette nuit tu viendras au monde.
La soirée se passe au fil des contractions qui ne sont pas régulières mais un peu douloureuses. Papa me masse le bas du dos, ça me soulage et surtout ça me détend. A 2 h du matin papa s’endort et moi je passe la nuit éveillée car les contractions ne me laissent pas dormir même si elles ne sont toujours pas régulières. Je doute, je ne sais pas si ça va marcher et je passe la nuit à te parler. Toi qui as toujours très peu bougé tout le long de la grossesse a sacrément remué cette nuit là ! 6h00 du matin, j’ai beaucoup plus mal, du coup je me lève, ce qui réveille ta sœur et par la même occasion ton père. Et là je sais que c’est la bonne !! Avec papa on commence à s’activer, je prépare le salon : les bougies, la musique, l’huile de massage… je protège le canapé. Papa prépare un feu dans la cheminée, (hum ! ce que ça sent bon !) et remplie la piscine. Tes frères se lèvent et déjeune avec Lehna. Pendant ce temps je laisse un message à Marie-Agnès et j’appelle ma copine Véro qui doit s’occuper de ta sœur, elle me dit qu’elle sera là vers 8h30.
Je contracte gentiment toutes les 4 minutes et c’est tout à fait gérable, d’autant plus quand je plonge dans l’eau bien chaude de la piscine. J’écoute les musique du 1er cri, je suis zen, je suis heureuse tu vas bientôt naître… Marie-Agnès rappelle, dit à papa qu’elle prend sa douche, déjeune et prend la route (elle a 1H20 de trajet à faire). Ok tout va bien je n’ai pas encore besoin d’elle.
8h, les garçons partent à l’école et papa doit s’occuper de Lehna.8h30 Les contractions augmentent en intensité et je suis obligée de vocaliser pour les gérer, et ça me dérange de le faire devant ta sœur qui ne semble pourtant pas dérangée puisqu’elle dessine pour toi avec papa. Mais j’ai vraiment hâte que Véro arrive….
9h Véro arrive enfin, lehna s’en va, toute contente, jouer avec sa copine et mes contractions augmentent encore !! Je barbote toujours dans le bain mais je sors régulièrement pour marcher et surtout prendre le frais car il fait une chaleur suffocante au salon ! Je vis donc mes contractions dans toutes les pièces de la maison !! Papa est là ; je m’accroche à lui, il me soutient me dit des paroles réconfortantes.
10h 30 Marie-Agnès arrive et me trouve en pleurs réclamant une péridurale !! Elle me prend dans ses bras et la contraction passé me demande si je veux vraiment aller à l’hôpital..NON ! Elle a compris que quoique je réclame il fallait dire non.
La douleur est vraiment très très intense, je me dis que je suis à dilatation complète, qu’elle ne fut pas ma déception quand marie me dit n’être qu’ 5 !! (Je saurais après qu’en fait je n’étais qu’à 4 mais qu’elle ne voulait pas que je baisse les bras.)
A partir de là je pleure a chaque contractions, je dis que je vais mourir tant j’ai mal, je trouve le temps long, je voudrais que ça s’arrête. Je n’ai jamais eu autant mal. Malgré tout ce que j’ai pu dire (je ne vais pas y arriver, je suis trop fatiguée, je vais mourir…) il y a toujours eu dans ma tête une voix qui me disait mais si j’y arriverai !mais j’avais besoin de dire que c’était trop dur.
Marie surveillait de temps en temps tes battements de cœur, tu allais très bien.
Vers midi je ne sortais plus du canapé, sur lequel j’étais a genoux et j’hurlais ma douleur ! Ça me faisait du bien de crier, je faisais sortir le son du plus profond de mes tripes. Je ne voulais plus que mon homme et marie me touchent ou me parle, je ne voulais rien de ce qu’ils me proposaient : boire, manger, m’allonger, l’homéopathie… je voulais juste que ça se finisse, que tu sois là ! Je n’étais plus que douleur, la contraction ne partait jamais, elle montait, descendait à peine et remontait encore plus fort ! Elle irradiait dans mon dos, mon ventre, mes jambes…. Vers 13h marie me dit de la prévenir quand j’ai envie de pousser… je n’ai jamais eu envie ! À un moment je me suis dit ça suffit je pousse et j’ai poussé de toute ma rage, de toute ma douleur, de toute mon envie de te voir !! Une jambe sur le canapé, une autre a terre, les mains sur l’accoudoir, comme une guerrière j’hurlais en poussant. ! En 2 poussées ta tête était là !aucune brulure, plus aucune douleur que ce besoin intense de te donner la vie !! A la demande de marie, je me suis légèrement allongée et une poussée tu étais dans mes bras !!! Le bonheur ! L’amour absolu, plus rien n’avait d’importance que ton petit corps contre le mien.
Tu es née avec la poche des eaux en guise de bonnet ! Tu n’as pas pleurée, tu n’as pas ouvert les yeux, tu t’es juste blottie contre moi. Un petit bébé tout calme tout serein.
Le placenta est sorti avant qu’on coupe le cordon ! Lui était plus pressé que toi ! Quand le cordon a cessé de battre papa l’a coupé. Tu es resté contre moi, peau à peau, tu as pris ton temps pour venir au monde, et on a pris notre temps pour faire connaissance. Dans la douceur de notre maison, rien ne nous a brusquées.